Captain Fantastic, jusqu’où faut-il aller dans nos principes d’éducation?

affiche Captain Fantastic

Je sors tout juste d’une projection de Captain Fantastic et je dois dire que ce film m’a chamboulée. D’abord parce que (c’est pas un spoiler, c’est dans la bande-annonce), les films où la maman meurt, ça ne me laisse pas indifférente (surtout depuis que je suis maman). Ensuite, parce que la question des principes et de l’éducation que l’on veut inculquer à nos enfants est un sujet que l’on aborde très souvent chez les Parents débutants.

Pour dire un mot sur le film, je l’ai trouvé très bien, beau, poétique, avec des personnages attachants. Le père est un homme cultivé habité par des principes forts et qui souhaite faire de ses enfants des gens capables de survivre dans toutes les situations, polyglottes, cultivés et en harmonie avec la nature. Pourtant, le décès de leur mère et ses conséquences vont les confronter à la société et remettre en cause ce modèle éducatif. Je mets ici la bande-annonce :

Pour ce qui est du film, je l’ai trouvé excellent et je me suis souvent identifiée au père. Il poursuit un idéal et semble presque l’atteindre, mais cela passe par un état d’esprit et des principes très (trop?) rigides à mon goût.

Ce film pose surtout une question importante: jusqu’où faut-il aller dans nos principes éducatifs?

Le meilleur pour nos enfants

Nous voulons tous le meilleur pour nos enfants. Toi aussi, non? Certains parents vont agir à l’instinct, reproduire l’éducation qu’ils ont reçue sans se poser de questions. D’autres comme moi (et comme toi peut-être), ont besoin de comprendre comment fonctionne l’enfant, comment l’accompagner et l’encourager, comment être présent sans être oppressant… Dans tous les cas, nous pensons tous faire de notre mieux et offrir le meilleur pour nos enfants.

Ceux qui ont des principes n’ont pas d’enfants!

Avant d’avoir Choupi, j’avais des principes: jamais de télé, jamais d’écrans, pas de sucre, pas de jouets en plastique, ne pas céder… Puis Choupi est arrivé et j’ai opté pour une attitude plus souple. Cependant, certains principes restent importants pour Papa débutant et moi: peu de contact avec les écrans (de manière contrôlée), une alimentation riche en légumes et variée, pas de sucres ajoutés, se respecter, stimuler sa curiosité… Notre objectif est d’aider le Choupi à grandir dans les meilleures conditions, physiquement et intellectuellement, à être intelligent, curieux, en bonne santé et autonome.

Quel parent n’est pas revenu sur les principes nobles qu’il avait avant d’avoir des enfants? Et toi, qu’as-tu en tête pour ta progéniture?

Pourtant, nous avons beau avoir des idées préconçues, des envies et des principes, éduquer un enfant, c’est se retrouver face à une autre personne, avec son caractère et sa propre vision du monde. Nos principes doivent nous servir de repères dans une éducation souple et ouverte, sans quoi on se contente de les imposer de gré ou de force à nos enfants.

Dans la jungle urbaine

Je dois reconnaître que la façon dont le père du film élève ses enfants me plaît  ils sont en bonne santé, cultivés, sportifs, curieux et intelligents. J’aime leur autonomie, leur rapport à la nature et la bienveillance dont ils font preuve les uns envers les autres. Mais s’ils sont capables de se battre ou de survivre en pleine nature, où ils vivent, ils sont en revanche en décalage complet avec la société et le monde qui les entourent.

C’est là que se pose toute la question des principes éducatifs? Faut-il les inculquer à nos enfants au risque de créer un décalage entre eux et la société? Faut-il au contraire leur apprendre à se fondre dans la masse? Où se trouve le juste milieu?

Notre rôle de parents n’est-il pas aussi d’apprendre à nos enfants à se sortir de toutes les situations, y compris en ville, y compris face aux autres?

Dans le film, le père veut protéger ses enfants de la société actuelle, mais comment les protéger sans les y confronter?

Prenons la question de l’accès à la télévision: nous n’en avons pas et ne la regardons pas (sauf parfois des reportages ou documentaires précis en replay). Choupi devrait a priori grandir sans télévision, mais sera alors marginalisé par rapport aux enfants de son âge. Allons-nous acheter un téléviseur et en faire grande consommation pour autant? Certainement pas. Que faire?

J’ai tendance à penser qu’être différent n’est pas si dramatique. Après tout, il y a toujours quelque chose qui nous distingue de nos pairs, puisque nous avons tous des vies et des histoires différentes. Si Choupi demande à voir la télévision, peut-être devrions-nous choisir avec lui le programme, et en discuter avec lui après pour l’inciter à se poser des questions. Tout cela est encore très théorique, je ne suis encore qu’une maman débutante 🙂

Ma conclusion

Ma conclusion à la sortie du film, c’est qu’éduquer un enfant nécessite autant de valeurs fortes que de souplesse. Sans valeurs, on navigue à vue. Les valeurs sont un fil conducteur de l’éducation et nous aide à définir ce qui nous semble important de transmettre à nos enfants. La souplesse nous sert à montrer à nos enfants comment réagir face à tout ce à quoi la vie nous confronte, les autres, les imprévus, les défis du quotidien. Leur enseigner la souplesse d’esprit, c’est aussi apprendre à nos enfants à faire preuve de sens critique, à savoir évaluer eux-mêmes ce qui est bon pour eux, ce qui est digne de leur intérêt, les personnes dignes de confiance. Etre parent est décidément un travail de longue haleine…

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