Libération: cessons de stigmatiser les femmes…

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Dire qu’on est dessus depuis les années 60. La libération de la femme, le brûlage des soutien-gorges et tout ce qui va avec. A l’époque, on pensait qu’une femme libre était une femme qui n’allaitait pas, comme ça elle pouvait mener sa vie de femme libre et papa découvrait les joies du bibi. Ça, c’était au siècle dernier.

Vlà-t-y pas que ce matin, je tombe sur ceci et que je me dis qu’il y a encore du boulot (en plus de la réforme orthographique qui a fini de saper ma journée).

Pourtant, cette pétition part d’une bonne intention: chaque femme a le droit de faire ce qu’elle veut, donner le sein ou le biberon. C’est dit dans le titre et dans la conclusion et sur ce point, je suis bien d’accord. Si l’article n’avait contenu que ce paragraphe-là, d’ailleurs, j’aurais signé la pétition.

Le problème, c’est la technique du sandwich qui intercale au milieu tout un pamphlet sur la liberté de donner le biberon à un bébé. Bien sûr que les femmes ont le droit de choisir le biberon. Bien sûr que les femmes ont le droit de choisir de donner le sein.

Un coup d’oeil aux commentaires, et voilà la guerre de tranchées à base « pourquoi le sein c’est mieux tiens regarde j’ai des arguments imparables », « j’ai été élevé au bib et j’en suis pas mort », « le lait maternel c’est bio », etc.

L’auteur de cet article se sent jugée en tant que mère qui donne le biberon, parce qu’il y aura toujours quelqu’un pour lui dire que l’allaitement c’est mieux, preuve à l’appui.

Moi, je me sens jugée en tant que mère qui allaite quand la pharmacienne lève les yeux aux yeux parce que je lui dis que j’allaite mon bébé de 6 mois. Parce que maintenant qu’il en a 8 (mois, hein), on me demande tous les jours (la voisine, la vendeuse du magasin, le facteur…) si je l’allaite ENCORE. Parce que les médecins me regardent comme si j’étais en train de faire le poirier dans leur cabinet quand je leur dis que je ne sais pas combien de tétée Choubi fait par jour. Parce qu’il y a toujours un abruti bienveillant pour me dire « attention, il va s’attacher » (à quoi? à moi?).

Quand on est mère, on est toujours jugée. Parce qu’on donne le sein ou le biberon, parce qu’on ne laisse pas pleurer bébé pour s’endormir ou parce que justement, on le fait, parce qu’on préfère l’écharpe ou la poussette, parce qu’on est trop inquiet, parce qu’on ne l’est pas assez, parce qu’on ne veut pas qu’il aille à l’école, parce qu’on choisit russe LV1…

Il y aura toujours une bonne âme pour vous dire qu’elle a fait différemment, que vous devriez faire différemment.

Pour les braves gens, voici un bon conseil:

Comme je le disais, dans le fond, je suis tout à fait d’accord avec la conclusion de l’article. Ce qui me gêne, c’est les arguments qui « invalideraient » les bénéfices de l’allaitement. Pourquoi avoir choisir de mettre en avant la liberté de donner le biberon en détruisant les arguments favorables à l’allaitement? Pourquoi avoir relancé dans les commentaires la bonne vieille guéguerre bibi vs téton?

Ce qui justifie la liberté de donner le biberon ou le sein, de porter en écharpe ou de rouler en poussette, de faire manger de la viande à son bébé ou pas… c’est tout simplement le droit de chacun à prendre ses propres décisions (et pour sa progéniture). C’est tout. Je le fais parce que j’en ai décidé ainsi.

Et si vous vous sentez encore coupables, n’hésitez pas à renvoyer les braves gens au conseil ci-dessus. Mieux vaut garder son énergie pour ses enfants que de la gaspiller en répondant à des clichés et des remarques vaines.

Femmes biberonnantes, femmes allaitantes, vous êtes toutes des féministes quand vous décidez d’avancer ensemble, et non les unes contre les autres.

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